Espionnage: BIG BROTHER

Djamal Benmerad
Le réseau Echelon est un système US d’interception planétaire. IL a la capacité d’intercepter 1.300.000 communication téléphoniques par minute, aux fins d’espionnage, bien entendu. Les objectifs classiques de l’espionnage sont le renseignement, les secrets militaires et les secrets industriels d’autres gouvernements. Sont visés, par exemple, les nouveaux systèmes d’armement, les stratégies militaires ou des informations concernant le stationnements des troupes d’autres pays.

Le système désigné sous le nom de code Echelon se distingue des autres systèmes de renseignement par le fait qu’il présente deux caractéristiques lui conférant un niveau de qualité tout particulier.
La première qu’il est réputé avoir, c’est la capacité d’exercer une surveillance totale sur l’entièreté de la planète par l’intermédiaire de stations de réception satellitaire et de satellites-espions, toute communication d’une personne transportée sur n’importe quel support - téléphone, télex, réseau Internet ou e-mail – peut être intercepté aux fins de prendre connaissance de sont contenu.
La deuxième caractéristique, c’est que le réseau Echelon exerce ses activités grâce à la complicité intéressée de certains Etats ((Royaume-Uni, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande), ce qui constitue un plus par rapports aux systèmes nationaux : les pays faisant partie du système Echelon peuvent se partager l’utilisation de ce système, les tâches en résultant et les résultats obtenus.
Parallèlement, un intérêt est également manifesté pour des informations importantes du point de vue économique qui peuvent porter sur de nouvelles technologies ou contrats passés avec l’étranger. Les risque que pourrait représenter, pour la sphère privée et les milieux économiques, un système de type Echelon ne résultent pas uniquement du très grand potentiel de ce système de surveillance, mais procèdent bien davantage du fait qu’il fonctionne dans un espace qui échappe à toute règle juridique. De par son statut d’étranger, la personne, l’entreprise ou l’Etat, ne dispose d’aucune protection juridique intérieure. Cet état de fait résulte également dans la course technologique effrénée à laquelle se livre le renseignement US.
Le Parlement européen a traité de ce réseau « pouvant mettre en danger les sécurités nationales » des pays du vieux continents. Le dossier semble plutôt avoir été maltraité d’abord parce que le Parlement européen a opté pour une commission temporaire « parce que la constitution d’une commission d’enquête n’est possible qu’aux fins d’examiner les violations du droit communautaire dans le cadre du traité CE (1) .» Alors cette honorable institution a commencé par piocher dans son propre jardin, c’est-à-dire qu’elle a entendu (ce qu’on bien voulu lui dire) les services de renseignement européen. Pour le volet belge, on a bien voulu l’informer de ce que presque tous les lycéens de Bruxelles connaissent : « il existe deux services de renseignement, l’un militaire et l’autre civil : le service de renseignement général et de la sécurité des forces armées qui est placé sous l’autorité du ministre de la Défense. Ses missions consistent à rassembler et analyser des informations concernant des activités susceptibles de représenter une menace pour l’intégrité territoriale nationale, les projets de défense militaires, le déroulement des missions militaires ou la sécurité des ressortissants belges à l’étranger. Le service général est, en outre, chargé d’assurer la sécurité du personnel de l’armée et des installations militaires » ainsi que « le caractère confidentiel des informations militaires ». Le service d’information civil, la « Sûreté de l’Etat, relève du ministère de la Justice sur le plan de l’organisation, tout en étant également à la disposition du ministère de l’Intérieur. Il a pour mission de rassembler et d’analyser toutes les informations susceptibles de représenter une menace pour la sûreté intérieur, l’ordre démocratique et constitutionnel, la sûreté extérieure, les relations internationales, le potentiel industriel et économique ou d’autres intérêts fondamentaux. Des tâches lui incombent, en outre, dans le domaine du contre-espionnage, de la surveillance des mouvements politiques extrémistes et de la sécurité des personnes (2). » A l’instar des autres services de renseignement européens, aucune trace du réseau Echelon. Voici la déclaration de M. Arthur Paecht : « Tout au long de mon enquête, je me suis heurté à la réponse suivante : »Echelon ça n’existe pas .» Pourtant ce système d’interceptions existe et c’est ce que j’ai fini par démontrer dans mon rapport ».
Dj. B.

1-Document de travail du Parlement européen n° PE 294-997
2-Iem
3-Arthur Paecht, rapporteur de la Commission de la Défense et des forces armées de l’Assemblée nationale française..
# Posté le dimanche 22 août 2004 14:51

Algérie l'Etat veut désarmer les Patriotes

Depuis quelques semaines, en Algérie, la nouvelle se propage comme une traînée de poudre dans les milieux des Patriotes et des Groupes de légitime défense. L’État veut leur retirer leurs armes.
Peu avant l’élection présidentielle du 8 avril dernier, Yazid Zerhouni avait donné le ton en affirmant, lors d’une conférence de presse animée dans une des villes visitées par le président de la République, que l’État devrait récupérer quelque 80 000 armes. Évidemment, il n’a pas précisé des mains de qui il faudra reprendre ces armes. Il paraissait clair, néanmoins, qu’il visait particulièrement les Patriotes et les Groupes de légitime défense (GLD) qui ont été dotés, en 1993, généreusement de kalachnikovs, de pistolets automatiques ou de fusils à pompe afin de se défendre, défendre leurs villages et traquer les groupes islamiques armés là où ils se terraient.
Il y a environ un mois et demi, une embuscade a été tendue à un convoi de gendarmerie sur la route de Béjaïa via Azzeffoun. Bilan : neuf victimes parmi les tenues vertes. Le dernier ratissage que le groupe d’Amirouche a effectué ses camarades remonte à la veille de la célébration du Mawlid Ennabaoui. Si rien n’a vraiment changé à Azzeffoun, il n’en est pas tout à fait de même à Chlef, Boufarik, Lakhdaria... où des Patriotes ont été bel et bien désarmés. Au mois de décembre dernier, Ahmed Ghalem, plus connu sous le sobriquet de Khroutchev (référence au leader soviétique), a été contraint de restituer la kalachnikov qu’on lui a remise en 1993.
“On m’a dit que je n’en avais plus besoin puisque j’habite au centre-ville de Chlef”, raconte-t-il. Il a perdu en conséquence la qualité de Patriote. Selon lui et un de ses camarades, lequel a requis l’anonymat, environ 170 Patriotes, sur un effectif de près de 2 000 hommes, ont été désarmés à Chlef. À Boufarik, ils sont au nombre de 200 sur 1 500 “combattants. Autrement dit, le Patriote perd ses droits (son arme) dès lors qu’il exerce une activité professionnelle. C’est le cas de Moussa, à qui il a été reproché l’exploitation d’une EAC à Guergour, dans la commune de Mouzaïa (Boufarik). Pour échapper à ce qu’ils considèrent comme une sentence, les Patriotes travaillent à l’insu des responsables de l’ANP, desquels ils dépendent organiquement. Les temps sont durs. L’indemnité, perçue trimestriellement, ne suffit pas aux dépenses de la famille. Kamel B., incapable de subvenir aux besoins de son épouse et de ses quatre enfants, s’improvise chauffeur de taxi clandestin. Djillali a repris son poste à Air Algérie.
Éviter la levée de boucliers Il est clair qu’il existe une réelle volonté d’assainir une situation née de l’urgence, sans produire un foudroyant effet d’annonce, sans risquer surtout de réveiller les vieux démons des confins des maquis islamistes. La stabilité est retrouvée mais reste fragile. La solution ? Étaler la procédure de désarmement de civils dans le temps.
Autre souci : éviter une potentielle levée de boucliers car les Patriotes et les GLD ne sont pas disposés à rendre les armes facilement. “Nous ne sommes pas encore en sécurité. Qui peut nous garantir qu’aucun attentat ne sera perpétré contre nous ?” nous dit sans détours un octogénaire rencontré à Idjermnane, bourg d’Azzeffoun. Son fils, la quarantaine, intervient dans la conversation : “Beaucoup de Patriotes et de GLD de la région ont été désarmés sans raison apparente. Nous savons que notre tour viendra bientôt. Pourtant, ce n’est pas encore le moment.” Le patriarche reprend la parole : “Il faudra attendre deux à trois ans de totale accalmie avant de penser à nous enlever les armes". La condition sociale des Patriotes - parmi ceux d’entre eux qui se sont investis avec sincérité dans la lutte contre le terrorisme - est de loin plus préoccupante. Au-delà de la reconnaissance qu’il leur est due et qu’ils n’ont pas systématiquement, c’est la précarité de leur statut - entendre par-là, l’absence de statut juridique - qui pose problème.
Au café de la principale station d’essence de Boufarik-ville, cinq Patriotes nous avaient rejoints pour témoigner de leur quotidien qui, paradoxalement, devient de plus en plus difficile au fur et à mesure que la violence terroriste s’atténue. Ils posent d’emblée leurs conditions : “Nous vous dirons tout si vous nous promettez de ne pas révéler nos noms dans votre article”. La requête nous semble étrange tant les Patriotes avaient pris coutume de se livrer sans masque à l’opinion publique, fiers qu’ils étaient d’avoir répondu à l’appel du devoir. “Des responsables militaires de la région nous ont menacés de nous retirer nos armes si nous parlons encore à la presse de nos problèmes sociopolitiques”, nous expliquent-ils.
Nous convenons donc avec eux d’utiliser des prénoms d’emprunt. Ils seront Yacine, Samir, Djillali, Moussa et Kamel. “La Concorde civile ne nous a pas été favorable. Beaucoup de faveurs ont été concédées aux repentis, tandis que les Patriotes sont les laissés-pour-compte”. Les paroles de Djillali, la cinquantaine, sont approuvées par ses camarades d’un hochement de tête. Tous les cinq en ont gros sur le cœur. Leurs malheurs ont commencé au moment ou l’État a montré de la mansuétude envers les repentis dans ce qu’il a appelé par euphémisme “Concorde civile”. “Je ne regrette pas d’avoir pris les armes contre les terroristes, bien que franchement je n’aie jamais pensé me retrouver là où je suis aujourd’hui. Souvent les familles des terroristes nous narguent en nous lançant : Qu’avez-vous donc obtenu ?", renchérit Yacine. En 1993, le terrorisme était à son paroxysme. Chaque jour qui passait, portait le deuil de dizaines de victimes. Des villageois, ne supportant plus de subir passivement les exactions des "barbus", se résolurent à prendre l’offensive. "Je donnais, au départ, des renseignements aux militaires. Ils ne connaissaient pas le terrain. Moi si, car je suis l’un de ses enfants ", raconte Ammi Mohamed.
Un rare témoin De son vrai nom Mohamed Bounedjaad, 57 ans, il est l’un des rares Patriotes à avoir accepté de nous parler à visage découvert car il n’a plus rien à perdre, explique-t-il. Il nous reçoit dans une pièce sombre, au mobilier sommaire : un lit, une table basse jonchée de médicaments et de paquets de cigarettes et un matelas posé sur un tapis défraîchi. "J’ai combattu les terroristes pour protéger les femmes et les enfants, surtout les bébés, qu’ils venaient égorger. J’ai perdu mon fils tué par les terroristes, ma santé, ma vue, mon taxi qui a servi à transporter les Patriotes lors des embuscades. Maintenant je suis oublié de tous. ". Ammi Mohamed souffre du diabète. Il est quasiment aveugle. Son pied droit, qu’il nous montre sans fausse pudeur, est rongé par la gangrène. " En 1996, le général Saïd Bey a qualifié, à l’hôpital militaire, les patriotes de moudjahidine. Il nous a dit " luttez, remettez le pays debout.. " Je n’ai pas d’argent pour acheter mon insuline. Parfois, je n’ai même pas de quoi payer le pain ". Heureusement, la solidarité des copains est sans failles. " Je ne sollicite pas n’importe qui. J’ai ma fierté ", tient-il à préciser. M. Bounedjaad raconte, de la colère dans la voix, ses péripéties durant la décennie noire, les fois où il a frôlé la mort, les personnes qu’il a réussi à sauver, les terroristes qu’il a éliminés. Son épouse, volubile, relate, avec menus détails, les circonstances de l’assassinat de son fils cadet, qui achevait à peine son service militaire. “Brûlant de fièvre, il était trop apathique pour réagir. Ils l’ont emmené. Ils l’ont égorgé". Son mari ne l’interrompt pas, même si ses paroles réveillent en lui visiblement une vive douleur. “Mon fils est mort pour rien. Nous nous sommes battus pour rien” marmonne-t-il. Ahmed Ghalem, Patriote de Chlef, a perdu aussi un fils adoptif et ses illusions. “Ce qui nous importait était de réussir une opération. Éliminer un terroriste équivalait pour nous à gagner un peu plus l’Algérie. Aujourd’hui, je suis gardien dans un foyer de personnes âgées”. Il a postulé pour des postes dans des entreprises nationales. “À chaque fois, on m’exigeait de justifier ce que je faisais pendant les dix dernières années”. La majorité des Patriotes ont dû quitter leurs emplois quand ils ont pris les armes.. Ils n’ont, par conséquent, jamais bénéficié d’une couverture sociale, ni de points pour la retraite. Si un Patriote décède de mort naturelle, sa famille n’a droit à aucune indemnité. De là est née une situation quelque peu ambiguë. Les Patriotes représentent, dans le fait, un corps de sécurité sans existence juridique. En 2000, les Patriotes ont tenté de créer une coordination qui leur servirait de cadre pour la revendication d’un statut. L’entreprise est étouffée dans l’œuf pour des raisons purement politiques. “Aucun signe ne montre que nous aurons un jour une existence juridique”, soutient Mohand Amirouche. Étrangement, les Patriotes de la Kabylie ne se préoccupent pas outre mesure de leur avenir. “Ce n’est pas pour l’argent que j’ai pris les armes. Hamdoullilah, je ne suis pas dans le besoin”, affirme Ahmed Boussoualem (71 ans), chef Patriote adjoint d’Igoujdel. Le hameau, perché au sommet d’une colline, est rentré dans l’histoire avec le titre de premier village à avoir repoussé une attaque terroriste. Le commencement de l’épopée des Patriotes. La fin sera-t-elle aussi glorieuse ?
Souhila Hamadi
Liberté
# Posté le dimanche 22 août 2004 14:35

Dans le désespoir, ils se suicident

Dans le désespoir, ils se suicident

Signe évident d'un profond malaise social en Algérie, le suicide est devenu, depuis une dizaine d'années, un véritable fléau qui touche notamment les jeunes et suscite l'inquiétude des parents et des spécialistes. Il n'existe pas de statistiques officielles sur le suicide dans ce pays mais la presse rapporte quasi-quotidiennement des cas de jeunes de 16 à 30 ans qui se sont donné la mort. La Kabylie, région pauvre et montagneuse, s'y taille la part du lion, avec plus d'une quarantaine depuis le début de l'année, selon des journaux. (AFP.)
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le vendredi 20 août 2004 13:14

MEDIAS

(Liberté 10.8 / AP 11.8, RSF 12.8) La peine de deux ans de prison à laquelle avait été condamné le directeur du quotidien "Le Matin",
Mohammed
Benchicou, incarcéré depuis le 14 juin, a été confirmée le 11 août par
la
cour d'appel d'Alger, qui a même triplé l'amende de 24 millions de
dinars
(environ 285'000 Euros) à laquelle il avait été condamné pour
infraction à
la législation sur les changes. Le collectif des journalistes du
"Matin" a
dénoncé l'"acharnement" du "pouvoir", et un "verdict inique" au
caractère
"politique", qui manifeste une "dérive totalitaire".
Le siège social du journal a été vendu aux enchères après avoir été mis
sous scellé, et le journal ne paraît plus depuis le 24 juillet.
Un autre journaliste condamné et emprisonné, Hafnaoui Ghoul, par
ailleurs
militant des droits de l'Homme, a entamé une grève de la faim après que
le
8 août, les condamnations prononcées contre lui aient encore été
alourdies
par la cour de Djelfa, qui a ajouté à celles déjà prononcées trois mois
de
prison ferme, 10'000 DA d'amende et plus d'un million de DA de dommages
et
intérêts.
Reporters sans Frontières s'est déclarée "indignée" par la confirmation
de
la condamnation de Mohamed Benchicou, et a accusé "le pouvoir" algérien
de
faire payer au directeur du "Matin" "le prix fort de sa liberté de
parole".
RSF dénonce une "justice inique.

Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme LADDH
8, rue des Frères Berrazouane -Alger.
Tel/Fax : + (213) 21 643521
E mail : laddh_ligue@hotmail.com

Communiqué

La nouvelle condamnation par la cour de Djelfa de Hafnaoui Ghoul,
représentant de la LADDH à Djelfa et correspondant de presse, le 08
août
2004 à trois mois de prison ferme, à 50 000 DA d’amende et à 1 000 000
DA
de dommages et intérêts, est attentatoire aux droits de la personne
humaine
et porte gravement atteinte au droit ainsi qu’aux pactes et conventions
internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par l’Algérie.

Cet arrêt s’écarte de la lettre et de l’esprit de la constitution et de
code pénal.; il n’a aucun rapport avec les faits reprochés et fait
suite à
un harcèlement judiciaire qui dure depuis plus deux mois.

L’arbitraire au nom de la loi est dans ce procès un élément fondamental
de
l’arrêt, il laisse l’impression pour ne pas dire la certitude que
Hafnaoui
Ghoul a été condamné avant que le procès ne commence.

Il y a dérive de la justice qui n’est pas sortie grandie dans ce
procès, du
fait que les juges n’ont pas jugé en leur âme et conscience mais en
fonction des consignes données par le wali, partie civile dans ce
procès.
C’est le temps des procès montés de toutes pièces contre les militants
des
droits de l’Homme et les journalistes.

La cour de Djelfa n’est pas un lieu où la justice est rendue mais une
instance politique où le pouvoir juge ses adversaires.

L’indépendance de la justice qui n’est pas la propriété du pouvoir ou
du
magistrat mais celle des justiciables devient aussi urgente
qu’indispensable. Elle est liée à la mise en place d’un système
politique
démocratique respectueux de la souveraineté du droit, de la séparation
et
de l’équilibre des pouvoirs.

La LADDH dénonce avec vigueur cette condamnation qui accable Hafnaoui
Ghoul
qui, en désespoir de cause, vient d’entamer une grève de la faim qui
met sa
vie en danger.

Elle met en garde le pouvoir contre les éventuelles conséquences
tragiques
de cette grève de la faim.

Elle lance un appel urgent à l’Observatoire International pour la
protection des défenseurs des droits de l’Homme et aux ONG
internationales
qui suivent de près l’évolution de cette affaire, afin d’intervenir
auprès
du gouvernement algérien pour mettre fin à cette parodie de justice.

Alger le 10/08/04

Le président : Ali Yahia Abdenour


APPEL URGENT - L'OBSERVATOIRE
DZA 002 / 0504 / OBS 039.2
Poursuites judiciaires / Condamnations
Algérie
10 août 2004

L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de
l'Homme, programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT, vous prie
d'intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Algérie.

Nouvelles informations :

L'Observatoire a été informé par la Ligue algérienne de défense des
droits de l'Homme (LADDH) d'une nouvelle condamnation prononcée
contre M. Hafnaoui Ghoul, responsable de la LADDH à Djelfa et
correspondant de presse, détenu à la prison de Djelfa depuis le 24
mai 2004.

Le 8 août 2004, la Cour d'appel de Djelfa a condamné M. Hafnaoui
Ghoul à trois mois de prison ferme pour diffamation et atteinte à un
corps constitué. Cette décision aggrave donc la peine prononcée par
le tribunal de première instance de Djelfa le 23 juin, qui était de
deux mois de prison ferme. Cette condamnation résulte de treize
plaintes déposées par plusieurs responsables de la Wilaya de Djelfa
dont le wali, à la suite d'un article publié sous forme d'un rapport
d'analyse socio-économique sur la ville de Djelfa, dans le journal
arabophone Djazair news. Le procès en appel devait avoir lieu le 1er
août 2004, mais avait été reporté au 8 août sur demande de la
Présidente de la Cour, qui avait affirmé ne pas avoir pu consulter le
dossier, faute de temps.

L'Observatoire rappelle que M. Ghoul fait l'objet d'un acharnement
judiciaire de la part des autorités, et reste vivement préoccupé par
ces condamnations arbitraires qui ne visent qu'à sanctionner sa
liberté d'expression. Depuis plusieurs mois en effet, plus d'une
quinzaine de plaintes ont été déposées contre M. Ghoul pour
" diffamation et atteinte à un corps constitué". Trois procès sont en
cours, dont plusieurs audiences ont déjà été reportées.

Rappel des faits :

Le 24 mai 2004, M. Hafnoui Ghoul, a été arrêté par des policiers en
civil puis placé en détention préventive suite au dépôt par le préfet
(wali) de deux plaintes pour "diffamation" et "atteinte à corps
constitué". Une autre plainte pour "diffamation" a également été
déposée par le Directeur de la Santé Publique. Ces trois plaintes
font suite à un entretien de M. Ghoul paru dans le quotidien national
Le Soir, daté du 17 mai 2004, dans lequel il dénonçait la situation
des droits de l'Homme, ainsi que celle des journalistes, dans la
région de Djelfa. Le 15 mai 2004, lors d'une précédente convocation
au commissariat, M. Ghoul avait reçu des menaces de mort explicites,
visant également sa famille, s'il continuait à "s'entêter". Le 9
juin, le tribunal de première instance de Djelfa a condamné M. Ghoul
à trois mois de prison ferme et 100 000 dinars d'amende. La décision
de la Cour d'appel de Djelfa, le 11 juillet 2004, a confirmé cette
condamnation.

Le 26 mai, le tribunal de première instance de Djelfa a condamné M.
Ghoul à six mois de prison pour " insulte et aggression envers un
agent de sécurité nationale ". M. Ghoul et d'autres correspondants
s'étaient rendus quelques jours avant à la Wilaya pour rencontrer le
wali, mais des agents de sécurité s'étaient vivement opposés à leur
passage. Bien qu'aucun acte de violence n'ait été rapporté, les
agents de sécurité ont porté plainte contre M. Ghoul et ses
collègues.

Le 2 août 2004, le tribunal de première instance de Djelfa a condamné
M. Hafnaoui Ghoul à deux mois de prison ferme, pour "sortie illégale
d'un document de prison". Le fondement de cette condamnation est la
publication dans le quotidien Essabah El Djadid d'une lettre que M.
Ghoul a envoyé à sa fille le 24 juin, et dans laquelle il s'exprime
sur sa situation juridique et sa détention.

Actions demandées :

Merci d'écrire aux autorités algériennes et de leur demander de :

i. Procéder à la libération immédiate de M. Hafnaoui Ghoul, celui-ci
é tant condamné pour des motifs arbitraires.
ii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement et de représailles à
l'encontre de M. Ghoul et de tous les défenseurs des droits de
l'Homme en Algérie.
iii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l'Homme adoptée par l'Assemblée générale des
Nations-Unies le 9 décembre 1998 " sur, le droit et la responsabilité
des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et
protéger les droits de l'Homme et les libertés fondamentales
reconnues " et plus particulièrement à son article 1, qui dispose que
" chacun a le droit, individuellement ou en association avec
d'autres, de promouvoir la protection et la
réalisation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales aux
niveaux national et international " et son article 6b qui prévoit que
" chacun a le droit, individuellement
ou en association avec d'autres, de publier, communiquer à autrui ou
diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous
les droits de l'Homme et toutes
les libertés fondamentales ".
iv. Se conformer plus généralement aux normes internationales et
régionales de protection des droits de l'Homme liant l'Algérie.

Adresses :

- M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République
Fax 00 213 21 744 721
E-mail President@el-mouradia.dz

- M. Yazid Zenhouli, Ministre de l'Intérieur, Ministère de
l'Intérieur,
18 rue Docteur Saâdane, Alger / Algérie
Fax 00 213 21 73 61 06

- M. Mohammed Charfi, Ministre de la Justice, Ministère de la
Justice,
8 Place Bir-Hakem El-Biar, Alger / Algérie
Fax 00 213 21 92 21 95

- M. Rachid Ksentini, Président de la Commission Nationale
Consultative de Promotion et de Protection des Droits de l'Homme :
Tel/Fax (+213 2) 21 939 005/ +213 21 239
037

Paris-Genève, le 10 août 2004
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le vendredi 20 août 2004 12:33

Merci M. le Procureur

" Nous demandons quatre mois de prison pour que l'inculpé ait le temps d'étudier le Code Pénal." Pour cette belle parole, Merci bien M le Procureur de la République de vous montrer si soucieux d'organiser les loisirs que je pourrais avoir en prison. Cela faisait un moment que je vous regardais tel que vous étiez assis, là-haut dans votre tribune de procureur, offrant au public un profil rigide et clos.
Très tôt j'avais observé ce tic que vous avez de porter régulièrement la main sur ce livre du Code Pénal, comme pour vous assurer qu'il était toujours là. Et puis pour une raison encore obscure, je vous ai imaginé tel que vous pourriez être plus tard, vieillard vénérable au bout de sa retraite, cheveux bien blancs et dos bien voûté, caressant la collection des recueils des textes de loi, méditant devant votre robe de procureur rangée au placard depuis tant d'années déjà passées. Au terme de sa vie professionnelle, un ingénieur peut compter le nombre de ponts qu'il a construit, un professeur s'imaginer tous les élèves qu'il a formés. A quoi peut donc penser un procureur à la retraite ? Assurément pas du nombre d'années de prison qu'il a demandées pour que des accusés apprennent le Code Pénal
Après tant d'années, pour avoir vu défiler dans les tribunaux tant de petitesses et petites misères humaines, et, parfois quelque grandeur qui rachète tout, on revient de bien de certitudes pour arriver enfin à celle-là : Ce sont toujours les lois non écrites qui sont les véritables et qui font faire des petits pas à l'Humanité.

Saïd Mekbel
# Posté le vendredi 20 août 2004 11:30