Journal_de_bord.dz

Par Chawki Amari
El Watan Edition du 11 juin 2005

Novembre. Devant les atermoiements de la classe politique issue du nationalisme, un groupe de jeunes Algériens décide de passer à la lutte armée. Personne n'y croit encore, sauf eux. La guerre est déclenchée en cette année de feu 1954 et les Algériens sortent dans les rues pour réclamer de la liberté. Abdelaziz Bouteflika n'est pas là. Juillet. L'Algérie retrouve son indépendance en cette année de joie 1962. Des millions d'Algériens sortent dans les rues pour fêter l'événement et demander un pays juste, égalitaire et généreux. Abdelaziz Bouteflika est signalé quelque part. Juin. Un coup d'Etat à l'africaine renverse le président civil et l'armée prend le pouvoir en cette année d'ajustement 1965. Des Algériens sortent dans les rues, comme à Annaba, pour demander un peu de douceur. Ils sont mitraillés. Abdelaziz Bouteflika n'est pas loin. Avril. Marginalisée depuis l'indépendance, la Kabylie s'énerve. En cette année de bâton 1980, des milliers d'Algériens sont dans les rues pour demander du respect. Abdelaziz Bouteflika n'est déjà plus là. Octobre. Des milliers de jeunes sortent dans la rue pour réclamer un changement. En cette année bleue 1988, la répression est féroce et des adolescents sont torturés. Abdelaziz Bouteflika n'est toujours pas là. Mars. La spirale de la violence pousse l'Algérie à s'entretuer. En cette année rouge de 1993, des Algériens sortent dans les rues réclamer la paix. Abdelaziz Bouteflika est signalé absent. Juin. Dans un discours à Genève, Abdelaziz Bouteflika est là, devenu entre temps président par les hasards du calendrier. En cette année mixte de 2005, il explique sa vision de l'histoire : les Algériens ont toujours été heureux et ne sont jamais descendus dans la rue pour réclamer autre chose que des pains au chocolat. Les Algériens se réservent un droit de réponse.

C. A.
# Posté le samedi 11 juin 2005 19:23

L'UE RENONCE A HARMONISER LES SANTIONS PENALES CONTRE LE RACISME

L'UE renonce à harmoniser les sanctions pénales contre le racisme à cause des "traditions judiciaires différentes sur la liberté d'_expression"
Les ministres européens de la Justice ont renoncé jeudi à l'idée d'harmoniser les sanctions pénales contre le racisme après trois ans et demi de vaines discussions, a indiqué la présidence luxembourgeoise de l'UE. "Nous sommes tous d'accord sur le fait que le racisme s'oppose aux valeurs fondamentales de l'UE mais nous avons des traditions judiciaires différentes sur la liberté d'_expression", a expliqué le ministre Luc Frieden à l'issue d'un long débat entre les 25 à Luxembourg. "Je le regrette, mais cela montre que l'Europe respecte les différentes traditions constitutionnelles", a-t-il ajouté.

La présidence britannique, qui va succéder aux Luxembourgeois, a indiqué qu'elle ne reprendrait pas ce texte, que le commissaire européen à la Justice, Franco Frattini, s'est dit prêt à retirer.

Présentée en novembre 2001, cette "décision-cadre sur la lutte contre le racisme et la xénophobie", qui devait être adoptée à l'unanimité, voulait que les mêmes comportements racistes soient soumis aux mêmes sanctions minimales dans tous les Etats membres.

Le problème principal était celui de la liberté d'_expression face au négationnisme : en France la négation d'un génocide est une infraction pénale alors qu'au Danemark, en Suède ou en Irlande, on peut écrire ce que l'on veut.
A défaut d'harmoniser les sanctions, la France voulait que les pays qui ne criminalisent pas ces faits apportent une entraide judiciaire aux autres, ceci afin d'éviter qu'un négationniste français puisse aller éditer un livre au Danemark pour échapper à la loi française. Mais plusieurs pays ont expliqué qu'ils ne pouvaient faire de restriction à la liberté d'_expression.

De toute façon, même si un compromis avait été possible, plusieurs ministres estiment qu'il aurait été bloqué par l'Italie, qui l'avait déjà fait une première fois en 2003, avant que les Luxembourgeois ne remettent le texte sur la table début 2005. Le ministre italien Roberto Castelli, membre du parti populiste de la Ligue du Nord, avait alors expliqué que ce texte pouvait être utilisé "comme une arme contre des ennemis politiques".
AFP ­ Luxembourg
3 juin 2005
# Posté le jeudi 09 juin 2005 11:10

Libertés syndicales

Le CNLS internationalise le cas algérien

La problématique soulevée par la non-reconnaissance par le gouvernement d'un certain nombre de syndicats autonomes s'« internationalise."
Le Comité national des libertés syndicales (CNLS) a appelé, en effet, dans un communiqué rendu public hier, les participants aux assises internationales (93e Conférence internationale du travail - CIT, ndlr) à « rappeler » au gouvernement algérien l'impérieuse nécessité de cesser le harcèlement judiciaire contre les syndicalistes et de reconnaître les syndicats autonomes. Les membres du CNLS attendent également des délégués présents à ce rendez-vous qui s'est tenu à Genève qu'ils soient à leurs côtés « pour faire triompher le droit à la liberté syndicale en Algérie ». Les membres du CNLS expliquent que leur « appel à l'aide » se fonde sur une certitude : celle découlant de la conviction que l'hostilité manifestée à l'encontre des syndicats libres dissimule une volonté du gouvernement de « refuser toute autonomie aux syndicats et aux agents d'expression de la demande sociale pour s'assurer une paix sociale non négociée ». En guise d'arguments, les animateurs du CNLS attirent l'attention sur le fait que « les syndicats autonomes qui sont aujourd'hui au c½ur de la contestation sociale sont attaqués, poursuivis en justice, réprimés et non reconnus en tant qu'interlocuteurs malgré leur représentativité sur le terrain ». « Ce qui est recherché par le gouvernement de notre pays est la remise en cause des libertés syndicales reconnues par notre Constitution. Cette reconnaissance formelle est conforme aux traités internationaux que l'Algérie a ratifiés, comme la convention n°98 de l'OIT faisant obligation du respect par les gouvernements de la liberté syndicale. Dans la réalité, le gouvernement refuse l'exercice du droit de grève en le déclarant illégal et en transformant une simple formalité d'enregistrement de constitution d'un syndicat en agrément. Le Cla et le Cnapest sont une illustration des entraves à la liberté syndicale », soulignent les membres du CNLS dans leur communiqué. Le syndicalisme autonome, rappelle le CNLS, mène depuis une décennie « une résistance permanente contre les effets d'une libéralisation sauvage qui a entraîné une insécurité sociale, la multiplication des emplois précaires qui masquent un chômage massif des jeunes, la baisse du pouvoir d'achat des salariés à cause des augmentations successives des prix de l'eau, du gaz et de l'électricité (...) ». Le CNLS, qui évoque, par ailleurs, une remise en cause progressive d'acquis sociaux dans la santé, l'éducation et les services publics, estime encore que « l'existence dans notre pays à la fois d'un pluralisme de façade et d'un syndicat appareil officiel, en étroite dépendance de l'Etat, crée une situation de fait de monopole syndical ». A rappeler que le gouvernement algérien était représenté aux travaux de la 93e CIT par le chef de l'Etat.
El Watan
Edition du 9 juin 2005
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# Posté le jeudi 09 juin 2005 10:41

Affaire Benchicou: communiqué de l'éditeur Jean Picollec

Paris, le 1er juin 2005

Jean Picollec Editeur communique :

Lors du dernier week-end, la porte d'entrée de la maison d'éditions Jean Picollec, qui se trouve de plain-pied sur la rue, a été brisée.
D'après les remarques de la police qui est venue constater les dégâts et d'après les commentaires des artisans qui sont venus les réparer, ce n'est pas un acte fortuit.
Pour aboutir à un tel résultat, il a fallu utiliser une masse.
L'éditeur ne se connaît aucun ennemi, d'une part, et aucune tentative de vol n'a été constatée et les autres vitrines n'ont pas été visées, d'autre part : la seule partie attaquée était couverte d'une grande affiche représentant le livre de Mohamed Benchicou, Bouteflika : une imposture algérienne, publié par nos éditions.
Avec trois mentions en gras :
- Ce livre est interdit en Algérie.
- L'auteur est en prison depuis juin 2004.
- On demande 100000 euros à l'éditeur.et un appel, « Pour la liberté d'expression, réagissez ! »En effet, Mohamed Benchicou, patron du Matin d'Alger, a été condamné à deux ans de prison et incarcéré en Algérie.
Son éditeur est poursuivi en diffamation devant le Tribunal correctionnel de Paris (audience du 9 juillet 2005. 17e Chambre) où il sera défendu par Me Jean-Paul Chazal.
Cette agression s'inscrit dans les man½uvres d'intimidation, dirigées contre nos éditions qui ont osé publier le seul ouvrage qui met à nu sans complaisance la véritable personnalité du président algérien.
Quand on nous connaît, les voyous et les nervis qui ont fait le coup ne peuvent faire fléchir l'éditeur, pas plus que le pouvoir politique n'a brisé l'auteur en Algérie.

Pour plus d'informations, contacter :
Elisabeth Cazeaux
Jean Picollec Editeur
47, rue Auguste Lançon
75013 Paris
Tel : 01 45 89 73 04
Fax : 01 45 89 40 72
jean.picollec@noos.fr
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# Posté le samedi 04 juin 2005 07:28

Un lycéen arrêté pour avoir lu un poème de Nazim Hikmet

42 ans après sa mort, les autorités d'Ankara continuent de craindre le
grand poète communiste Nazim Hikmet. Le 25 mai dernier, un adolescent
de 17 ans du nom de C.C. qui fréquente le lycée anatolien de Milas
(ouest de la Turquie) a été arrêté en plein cours, pour avoir lu le poème de
Nazim Hikmet intitulé « traître de la patrie » dans le cadre de la «
journée poétique » organisée dans son école.

Il avait été dénoncé par le sous-préfet de la ville, Hulusi Doðan, qui
se trouvait parmi les auditeurs. La police qui a été alertée par les
gardes du corps du sous-préfet est venue l'arrêter à l'école, devant ses
camarades et ses instituteurs. Sa garde à vue a duré trois heures.

L'adolescent n'a été relaxé qu'après que la police ait réalisé que le
poème en question n'était pas interdit. Entre-temps, le ministère de
l'intérieur a mis en charge un inspecteur pour mener l'enquête sur
l'affaire.
Encore un bel exemple de la démocratisation de la Turquie ...


Nous publions ci-dessous le poème de Nazim Hikmet qui suscite tant
d'effroi parmi les ennemis de la liberté :



Nazim Hikmet continue d'être traître à la patrie.



“Nous sommes une semi-colonie de l'imperialisme américain a dit Hikmet.
Nazim Hikmet continue d'être traître à la patrie”

Voilà ce que l'on lit dans un journal d'Ankara, sur trois colonnes, en
caractères bien noirs et criards,
Dans un journal d'Ankara, à côté d'une photo de l'amiral Williamson.
L'Amiral rit sur 66 centimètres carrés, un sourire jusqu'aux oreilles.
L'Amérique a fait un don de 120 millions de livres turques à notre
budget, oui, 120 millions de livres turques.

" Nous sommes une semi-colonie de l'impérialisme américain, a dit
Hikmet.
Nazim Hikmet continue d'être traître à la patrie ."

Oui, je suis traître à la patrie, si vous êtes patriotes, si vous êtes
les défenseurs de cette patrie, je suis traître à la patrie, je suis
traître à la patrie

Si la patrie ce sont vos ranchs,
Si c'est tout ce qu'il y a dans vos caisses et sur vos carnets de
chèques, la patrie
Si la patrie, c'est crever de faim le long des chaussées,
Si la patrie, c'est trembler de froid dehors comme un chien et se
tordre de paludisme en été,
Si c'est boire notre sang écarlate dans vos usines, la patrie
Si la patrie, ce sont les ongles de vos grands propriétaires terriens,
Si la patrie, c'est le catéchisme armé de lances, si la patrie, c'est
la matraque de la police
Si ce sont vos crédits et vos rémunérations, la patrie
Si la patrie, ce sont les bases américaines, la bombe américaine, les
canons de la flotte américaine
Si la patrie, c'est ne pas se délivrer de nos ténèbres pourries
Alors je suis traître à la patrie

Ecrivez sur trois colonnes en caractères bien noirs et criards : “Nazim
Hikmet continue d'être traître à la patrie”

(Poème traduit du turc par Bahar Kimyongür)


HÖC Info

Bulletin d'information du Front pour les droits et les libertés Le 26 mai 2005
# Posté le lundi 30 mai 2005 07:31